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Ô Canada - La Gaspésie - Épisode 1

Dernière mise à jour : 9 sept. 2023



Ce matin, il fait frais et gris. Je regarde la météo de Québec, de Rimouski, de Gaspé, et je décide de partir. Sûrement que je réussirai à contourner le mauvais temps.

Je pars de Québec en empruntant le pont Pierre-Laporte. C’est ainsi que commence mon voyage dans l’histoire. Pierre Laporte, assassiné, on ne sait trop pourquoi, par des bandits sans foi ni loi. J’ai une pensée pour cet homme, ce fils, ce mari.

Par la 20, je contourne Lévis et rejoint la 132 à partir de Beaumont.


Je veux découvrir la Gaspésie pas à pas, la mériter. Utiliser la 20 jusqu’à Trois-Pistoles ne m’aurait pas donné le temps d’apprivoiser l’objet de mon désir et... la Route des Navigateurs est si belle. Tout comme la Route du Roi qui serpente de part et d’autre de la 138, la Route des Navigateurs s’amuse avec la 132. Évidemment, cela double la durée du voyage mais, j’ai le temps et ces multiples circonvolutions me permettent de si belles découvertes.


Déjà, les vieilles maisons de pierres et les champs de maïs au pied des Appalaches me ramènent à la colonisation du Canada. Mes racines, mon patrimoine.


Sous l'œil de Dieu, près du fleuve géant, Le Canadien grandit en espérant. Il est né d'une race fière, Béni fut son berceau.


Notre hymne national, commissionné par un québécois dont la parole et la musique ont été écrites par des québécois, met en valeur notre fleuve, cet immense fleuve qui, à lui seul, draine 25% des réserves d’eau douce de la planète.


À chaque tournant, à chaque village, une nouvelle surprise. À St-Michel de Bellechasse, les poteaux de téléphone servent de bibliothèque.


À St-Vallier, la halte municipale propose brosse et boyau d’arrosage pour nettoyer les pattes des chiens et de leur proprios après une randonnée pour observer les oies blanches en période de migration.

À Berthier sur Mer, la petite maison biscornue me rappelle Agatha Christie. Il y a aussi ce luthier, Les Guitares Boucher, reconnu internationalement pour son travail exceptionnel et à travers lequel le Québec rayonne. Neil Young, Bruce Cockburn, Beau Dommage, Stéphane Venne,... ont fait rayonner les oeuvres de cet artisan.



Au fil de la route, j’ai l’impression de me diriger vers la tempête. À l’est, le ciel est de plus en plus gris et je vois même des rideaux de pluie au loin.


À St-Jean Port Joli, la rivière Trois Saumons est déchaînée. L’averse d’hier a laissé des traces.


Toutefois, lorsque je m’attable au bistro OK, une lueur d’espoir se faufile à travers les nuages. Le vent, laissé par la queue de la tornade que nous avons eu hier, emporte les nuages avec lui.


Je repars plus confiante. Finalement je vais éviter la pluie sauf que... il fait froid, de plus en plus froid.

Premier arrêt pour ajouter un coupe-vent, ce n’est pas assez. Deuxième arrêt, j’ajoute une couche isolante, des gants plus chaud et un cache-col. Bon ça va mieux. Un ami rider m’avait bien dit de me méfier du froid. Mais j’avais prévu le coup, pas question que la température m’empêche d’apprécier mon voyage.


À St-Roch des Aulnaies, petit détour au Havre du quai. Une pierre d’orientation me permet de reconnaître ce qui se présente sous mes yeux. Mon regard enjambe le fleuve pour découvrir Baie St-Paul, Les Éboulements, La Malbaie,...



À Ste-Anne de La Pocatière, la halte offre un gazebo pour les plus sages et... une tour d’observation pour les plus énergiques. Comment ne pas tomber sous le charme du fleuve?



Ma randonnée commence à me « rentrer dans le corps ». Il fait de plus en plus froid et la fatigue s’accumule en même temps que les kilomètres.

Je passe rapidement devant la première Beurrerie-École à St-Denis de la Bouteillerie.



À St-Germain de Kamouraska, j’ai une pensée pour cet autre homme, mort assassiné à 26 ans et qu’on retrouve dans le fameux roman éponyme d’Anne Hébert. Comme à chaque fois que je traverse ce village, pendant quelques secondes je me retrouve en Normandie. Les monts de St-Germain ayant le don de me rappeler le Mont St-Michel.


J’avais prévu dormir à Ste-Flavie mais Rivière du Loup m’ouvre ses bras et je n'ai plus l'énergie nécessaire pour continuer ma route. Je passe donc la nuit à l’Auberge de la Pointe, non sans avoir pris le temps de déguster un excellent repas qui s’est terminé par un gâteau au fromage, à la pomme et au caramel, accompagné d’un excellent porto.

P.S. Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer comment les couchers de soleil réussissent à être si beaux?




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