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Une vraie motarde...à moitié - L’Ontario - Épisode 3

Dernière mise à jour : 20 juil. 2022

Il a plu toute la nuit, un vrai déluge mais, chanceuse comme toujours, la pluie a cessé à mon réveil en laissant une fraîche odeur. Petit déjeuner et ...hop...j’enfourche ma bête pour une nouvelle journée. Je me rends jusqu’à Madoc, embarque sur la 7 et traverse le Lester B. Pearson Peace Park. À partir d’ici, je longe le parc Algonquin. J’ai l’impression de me promener dans le parc de la Mauricie. Un peu moins de côtes et de courbes, mais une route bien plus longue et un revêtement parfait. En plus, la limite de vitesse est facile à respecter...80 km/h et, pas de policiers. À Kaladar, je tourne à gauche sur la 41.




En Ontario on porte une attention particulière aux...tortues. Pancarte pour les traverses de tortues, clôtures pour empêcher les tortues d'aller sur la chaussée, passages sous la route réservées aux tortues, étangs protégés...




À Pembroke je tourne à nouveau à gauche sur la 17 et je longe la rivière des Outaouais, frontière naturelle entre l’Ontario et le Québec. Petit arrêt au quai de Mattawa, et je continue sur la 533 en direction de Témiscaming. On dirait un « chemin de bois ». La chaussée n’est pas très large et… moins belle. Ça sent le Québec.


À mi-chemin, des petites gouttes apparaissent dans mon pare-brise et, de minutes en minutes, les petites gouttes sont rejointes par plusieurs amies. C’est lorsque je vois le premier éclair que je décide d’arrêter et de me « greyer » pour affronter les éléments. Je suis beaucoup mieux organisée que lors de mon voyage en Gaspésie, j’ai maintenant des vêtements de pluie de qualité. De qualité, oui… mais pas plus rapides à enfiler. Pantalons, couvres-bottes, manteau, gants, couvres-valises… le temps que je termine il pleut à siaux. Je démarre ma moto et...arrête 200 mètres plus loin. Il pleut tellement fort que je n’y vois rien. Je décide donc de m’abriter jusqu’à ce que le gros de l’orage soit passé. Par souci de sécurité, j’amène Juliette sur le bas côté, déplie la béquille, et m’assure que le sol est suffisamment solide pour supporter son poids et… celui de mes bagages. Je m’abrite sous un bel érable et regarde la nature qui se déchaîne…. jusqu’à ce que …. je devienne une demie-motarde.


On dit qu’il y a deux sortes de bikers, ceux qui l’ont échappé, et ceux qui vont l’échapper. Et bien, il y a une troisième sorte, ceux dont la moto s’échappe toute seule. Je m’étais bien assurée que le sol était solide, mais c’était sans compter la pluie battante qui imbibait le sol...jusqu’à ce que celui-ci ne soit plus capable de supporter Juliette. Je la vois donc tomber...sans pouvoir rien n’y faire.




Au même moment, la pluie cesse. Je sors de mon abri et… je regarde ma pauvre chérie affalée sur le sol boueux. Je me rappelle bien la technique pour relever une moto mais ce n’est pas possible. Tout est trop glissant… Je m’installe donc au bord du chemin, jusqu’à ce qu’une voiture, conduite par un géant accompagné de sa famille, s’arrête en voyant mes bras lançant des signaux en alphabet sémaphore. En deux temps trois mouvements, Juliette est relevée. Je suis rapidement de retour sur la route, non sans avoir fait part de mon immense gratitude à mon géant.

Et c’est là que l’aventure commence…

Premier tournant, une grosse branche bloque les ¾ de la route… tournant suivant, deux jolies perdreaux me coupent le chemin sans se préoccuper de moi, tournant suivant, une tortue tente de traverser la route en évitant les mastodontes d’acier.



J’arrive finalement à Letang où je passerai la nuit. Ouf...toute une journée...qui se termine bien. En plus, outre quelques traces de boue, Juliette ne garde aucun souvenir désagréable de son aventure, le sol détrempé ayant parfaitement amortie sa chute.


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