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Lac St-Jean - Épisode 1 - À cœur vaillant rien d’impossible

Dernière mise à jour : 30 oct. 2023

Depuis quelques jours, je songe à repartir. Cette fois-ci, c’est le Lac St-Jean qui remporte ma faveur. Depuis mon retour de la Gaspésie à la pluie, j’ai amélioré mon équipement. J’ai maintenant couvre-bottes, pantalon imperméable de meilleure qualité et gants en Gore-Tex. Malgré cela, je préfère avoir le beau temps comme compagnon de route. Ce matin, les nuages sont noirs et menaçants mais l’appel de l’aventure est trop fort et je décide de braver ces sombres nuées.

Je pars de Québec et je veux emprunter la 155 jusqu’à Chambord, mais pas question de m’y rendre par la 40. Je préfère prendre le temps, emprunter les petites routes, admirer le paysage et continuer à améliorer la maîtrise de ma moto dans les courbes.


Premier arrêt, Sainte-Catherine de La Jacques-Cartier et sa rivière à saumon au milieu de laquelle est érigée une croix en acier inoxydable sur un des piliers de l’ancien pont.


Celle-ci me rappelle les fêtes de L’Assomption (mort, résurrection, entrée au paradis et couronnement de la Vierge Marie) pendant laquelle des radeaux, avec des scènes vivantes tirées de la bible, descendaient la rivière. Ma mère y avait tenu le rôle de la Vierge Marie.


Deuxième arrêt, St Raymond où je retrouve Ti-Oui Snack Bar, vénérable institution depuis 1974. Juste passer à côté et le goût du poulet frit de mon enfance remonte à mes papilles. À Sainte-Christine d’Auvergne, l’or des champs de moutarde m’émerveille. Cette plante augmente la production des champs de pomme de terre et aide à la lutte contre les parasites, tout ça en plus d’être un régal pour les yeux.


J’arrive à St-Casimir et, du coin de l’œil, je suis surprise de voir la proue d’un immense bateau dans la rivière Sainte-Anne. C’est le bateau de la Vierge, un petit parc situé au confluent de la rivière Sainte-Anne et de la rivière Noire.


Ce charmant village a inspiré Albert Gervais, poète, député, mais aussi une des premières personnalités politique des années 1960 à appuyer publiquement l’indépendance du Québec.

J’ai revu mon village J'ai revu le village où j'ai vu la lumière : Il besogne toujours, encadrant la rivière, Aux murmures berceurs de l'onde qui s'enfuit. J'ai revu ma maison, à l'ombre de l'érable : L'âge lui prête un air d'aïeule vénérable. J'ai rêvé sur le seuil jusqu'au seuil de la nuit. J'ai revu ma forêt, en chape d'émeraude : L'oisillon y musarde et le bétail y rôde ; La brise entre les troncs chuchote jusqu'au soir. J'ai revu ma campagne et ses plaines fécondes Où la mer des blés mûrs folâtre en vagues blondes Et chante au laboureur le credo de l'espoir. J'ai revu mon église et deux croix éclatantes Qui trônent dans les airs. Aux lueurs haletantes De la lampe d'autel, j'ai dit mon chapelet. J'ai revu mon école, assise sur la butte : Château-fort du savoir où l'esprit veille et lutte, Que d'efforts dont ses murs sertissent le secret ! Et j'ai revu le ciel, le ciel de mon enfance Dont l'azur colora mes yeux pleins d'innocence. Sous un lustre de feu tout un passé reluit. J'ai revu le village où je vis la lumière : Il besogne toujours, encadrant la rivière, Aux murmures berceurs de l'onde qui s'enfuit.

Albert Gervais

Lentement, la campagne se déroule sous mes yeux. Lac-aux-sables et sa maison de bardeaux, Sainte-Thècle et sa charcuterie créative, la Lignée RR2, dont les produits artisanaux sont faits d’ingrédients régionaux de la Mauricie.


Mon estomac commence à gargouiller, alors petit arrêt à St-Tite, à la Microbrasserie À la Fût. La carte est simple mais savoureuse. Un pizza fine, fabriquée avec les produits de la Lignée RR2, et une bière brune aux noix, que demander de plus.


À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire Rassasiée, je repars... pour m’arrêter quelques kilomètres plus loin. Qu’ai-je vu??? Une moto pendue sur une grange??? Je fais demi-tour et retrouve, bien cachée à travers les arbres, non pas une, mais bien six motos pendues par des chaînes. Je m’engage dans l’allée afin de photographier ma découverte d’un peu plus proche quand tout à coup je comprends comment ces motos se sont retrouvées là. C’est un piège. L’allée qui me semblait inoffensive, est en fait composée de sable mouvants dans lesquels ma moto s’enfonce… inexorablement. Au terme d’une bataille épique, je retourne finalement sur la route avec mes photos mais aussi avec une auréole de gloire qui ceint mon front et celui de ma belle Honda... couverte de boue.

crédit: https://imgflip.com/memetemplate/144581829/Motorcycles-in-mud

Mé cé don bin bo À St-Roch-de-Mékinac, je rejoins la 155. Cette route qui m’a tant été vantée par plusieurs riders. Lorsque j’aperçois la rivière St-Maurice, les mots jaillissent entre mes lèvres, mé cé don ben bo. Ces mots résonnent dans mon casque pendant que mes yeux se rassasient de la vue. J’arrive à Rivière-aux-rats, une des 3134 rivière du Québec. Depuis le début de ma saison de moto, l’eau a encadré tous mes périples. Rivière Noire, rivière Propre, rivière Niagarette, lac Carré,... Nos lacs couvrent 12% de la superficie du Québec et comptent pour 2% des eaux douces de la planète. Je me considère chanceuse d’avoir accès à toutes ces beautés.


Les montagnes russes Lors de la préparation de ma randonnée, plusieurs riders avaient insisté pour que je fasse un crochet par le lac Édouard. Un crochet de 25 km aller et 25 km retour, tout de même. Mais, qui suis-je pour m’opposer à ces conseils offert par des motards d’expérience. Alors, allons-y. À la première côte je ne peux m’empêcher de retenir mon souffle. L’impression qu’il n’y a plus de route au haut de la côte me remplit de frissons, jusqu’à ce que j’aperçoive enfin l’autre versant. Un long Yaaaaaahoooooou emplit mon casque. Bon… ça continue... je parle toute seule maintenant. Mais essayez et vous verrez.



Les côtes s’enchaînent les unes après les autres jusqu’à ce que j’arrive derrière une longue file de voitures qui suivent un camion de marquage. Les lignes de la route sont repeintes aux dix ans et... c’est aujourd’hui qu’on peint celles du lac Édouard. Je prends mon mal en patience jusqu’au Domaine où je compte déguster une bière sur la terrasse et passer la nuit. C’est sans compter que... je ne suis pas la seule à avoir eu cette belle idée mais les autres, eux, ont réservé. Alors, pas de bière car il est déjà tard et le prochain hébergement est à Lac Bouchette, 130 km plus loin.


Je reprends la route pour me retrouver, à nouveau, derrière… le camion de marquage. Mais, cette fois-ci, je suis seule, pas de file. Alors... je tord très légèrement la poignée de ma bête et me voilà de retour dans les montagnes russes.

Vers Lac Bouchette Au km 185, petit arrêt au Lac de La Carpe (km 185) pendant lequel j'en profite pour me vêtir plus chaudement.



La route est longue alors, pour garder mon esprit alerte, j’entonne une série de chansons québécoises et françaises en me tortillant au même rythme sur ma moto. Bon, j’ai peut-être l’air un peu bizarre mais... je m’amuse.

À mon arrivée, je mange un excellent steak au Resto Pub St-Patric et je me couche en repassant cette looongue et magnifique journée en revue avant de tomber dans les bras de Morphée. J’ai l’impression d’être partie depuis une semaine.



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