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Voici Adelita đź’•

Depuis mon départ du Canada, je n’avais plus enfourché de moto. Dieu que ça me manquait… mais j’ai souffert en silence, comme une grande. Contrairement à mon amoureux, qui se lamentait sans fin comme si on lui avait confisqué sa doudou.


Finalement, il y a un mois et demi, j’ai enfin élu domicile et je pouvais donc racheter une moto. Une belle V-Strom 650 a rejoint ma vie. Elle a tout ce qu’il faut pour m’amener partout où mon cœur (et mon réservoir) auront le goût d’aller.


Je l’ai achetée il y a six semaines mais, je n’avais ni casque ni vêtements appropriés. J’ai donc dû attendre mes vacances au Canada pour récupérer ces articles indispensables… pendant que la pauvre Adelita m’attendait tristement au fond du garage.



Aujourd’hui, ENFIN, j’enfourche ma belle aventurière et nous partons ensemble direction Tecozautla, dans l’État d’Hidalgo. La route serpente entre les montagnes et longe un moment la rivière San Juan.


Je vous avoue que je tremble un peu… intérieurement. Mais les réflexes acquis en roulant des dizaines de milliers de kilomètres ces six dernières années reviennent vite. Les courbes s’enfilent avec de plus en plus de plaisir (et de moins en moins de « oh mon Dieu, je vais mourir »).


Arrivée à Tecozautla, je confie mon casque et ma veste à une charmante dame, propriétaire du dépanneur du coin, et je pars explorer la jolie ville.


P.S. Le fruit au milieu, c'est... un avocat. Au Mexique il y en a une vingtaine d'espèces, toutes plus délicieuses les unes que les autres.



Évidemment, j’en profite pour manger, une des activité préférée des mexicains que je n'ai aucun problème à imiter. Aujourd’hui, je découvre un nouveau mets : la barbacoa accompagnée de son consommé.


Au Mexique, la barbacoa désigne à la fois une méthode traditionnelle de cuisson lente et le plat qui en résulte. On cuit de la viande — traditionnellement du mouton ou de l’agneau — enveloppée dans des feuilles d’agave, à l’intérieur d’un four creusé dans le sol. La viande est recouverte de feuilles de maguey grillées qui lui donnent un goût unique, puis le trou est scellé. Elle cuit à l’étouffée pendant 8 à 12 heures.


Un récipient placé sous la viande récupère tous les jus. On y ajoute de l’eau, des pois chiches et du riz… et voilà le fameux consommé. Le tout est accompagné de tortillas de maïs tout frais.

Le résultat est tellement bon qu’on en oublierait presque qu’on a mangé un animal qui a passé la nuit sous terre.



De retour à la maison, je repense à ma journée et j’entrevois déjà plein d’autres aventures avec ma belle Adelita.

Une Adelita, c’est le nom donné aux femmes qui ont participé activement à la Révolution mexicaine (1910-1920) en tant que soldates, infirmières et cuisinières. Le terme est devenu un symbole de courage, de loyauté et de force féminine. Il vient d’Adela Velarde Pérez, une jeune infirmière de la Croix-Blanche particulièrement dévouée. Sa bravoure a inspiré La Adelita, l’une des chansons les plus célèbres du pays.


Bref, ma moto porte un nom inspirant. Et aujourd’hui, elle a prouvé qu’elle le méritait.



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