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Tlaxcala

il y a 4 heures
4 min de lecture

Et voilà, je repars.


Depuis mon installation à Tequisquiapan, j’ai exploré les alentours avec Frida (ma moto). Il est maintenant temps d’ouvrir (et d’élargir) mes horizons. Le plus compliqué? Choisir la destination. Il y a tellement d’endroits qui m'appellent…


Finalement, c’est l’État d’Oaxaca qui l’emporte. Avant de partir, j’en parle aux Mexicains autour de moi. Automatiquement, leurs yeux s’illuminent comme des projecteurs de cirque et ils se mettent à saliver avec un professionnalisme presque inquiétant.



Oaxaca, c’est les beautés naturelles et une réputation gastronomique qui fait trembler les frontières de l’État (et les estomacs). Sérieux : je les vois me faire la liste, très très longue, de leurs mets et breuvages préférés pendant que mon propre estomac commence déjà à gargouiller.



Ma première journée est… fatigante. Un peu plus de 300 km. Au Québec, c’est une balade. Au Mexique, c’est… plus long, surtout quand on évite les autoroutes pour rouler plus lentement et « profiter pleinement de la vue ».


Départ dans la brume matinale. Le soleil se fraie lentement un chemin à travers les montagnes de la Sierra Madre Oriental.



Petit arrêt à Portezuelo pour admirer l’église en construction… tout à côté de l’église actuelle qui est maintenant trop petite pour les paroissiens.



Je traverse tout l’État d’Hidalgo (que je me promets de revisiter, parce qu’il mérite au moins une semaine à lui seul) et j’arrive enfin à Tlaxcala, dans l’État de… Tlaxcala.

Trois volcans m’accueillent à bras ouverts : le Popocatépetl avec son panache de fumée, sa douce amie Iztaccíhuatl,

crédit: X @ClaraBrugadaM


et enfin La Malinche.


Le saviez-vous? La Malinche c’est un volcan dormant de plus de 4.4 km de haut, Dernière grosse colère il y a environ 3000 ans — depuis, La Malinche fait la sieste. Son nom rend hommage à Malintzin, une jeune femme nahua polyglotte du 16e siècle, qui a été interprète, conseillère et intermédiaire principale d’Hernán Cortés pendant la conquête du Mexique. Vendue comme esclave puis « offerte » aux Espagnols après une bataille, elle parlait le nahuatl et le maya, a rapidement appris l’espagnol et est devenue indispensable pour traduire, négocier et parfois désamorcer (ou encourager) des situations explosives. Figure aussi essentielle que controversée, elle a littéralement fait le pont entre deux mondes (Mexique et Espagne) — linguistiquement, politiquement et… personnellement (elle a eut un fils avec Cortés). Aujourd’hui encore, elle divise : elle est à la fois le symbole de la trahison, la victime consentante et la mère symbolique du peuple mexicain moderne.



Après un repos bien mérité à l’Auberge de la Vierge, direction l’aventure dans Tlaxcala.

Premier arrêt : la Basilique de Notre-Dame d’Ocotlán, tout près de mon logis.


Cette magnifique église a gagné son titre de basilique grâce à

* L’apparition de la vierge à un jeune indigène en 1541

* Un haut lieu de pèlerinage : Suite à cet événement, la ferveur populaire n'a cessé de grandir. Des millions de pèlerins venus de tout le Mexique se déplacent chaque année pour vénérer Notre-Dame d'Ocotlán

* Un chef-d'œuvre architectural : Construit entre le 17e et le 18e siècle, l'édifice est mondialement reconnu comme l'un des sommets de l'art baroque mexicain. Sa façade de stuc blanc combinée à des briques rouges et son intérieur somptueux recouvert de feuilles d'or lui confèrent une valeur artistique universelle



De là, je me dirige tranquillement vers le Centro (le centre névralgique de toute ville ou village mexicain). En passant près d’une porte, une odeur alléchante me détourne. Santiago Aldana, aidé de son amie Abigail, prépare l’ouverture d’un café… dans deux ou trois semaines.


L’installation n’est pas finie, mais il se fait un plaisir de nous servir un cortado parfait. On discute Mexique et nouvelle entreprise. Ce genre de rencontre, c’est le vrai plaisir du voyage : des gens qui prennent le temps d’échanger avec une étrangère sur ce qui compte vraiment pour eux (et de lui offrir un café qui justifie le détour).



Je continue vers le Centro et, encore une fois, je me laisse détourner. Cette fois, c’est un policier, Pablo Zempoalteca, qui m’invite à entrer dans le Musée des Arts de Tlaxcala.

crédit: Pablo Zempoalteca


La visite est intéressante, mais la discussion avec Pablo l’est encore plus. L’amour des Mexicains pour leur pays est inégalable. Il me parle avec passion de tout ce que je devrais voir dans la région, puis m’envoie photos et liens par WhatsApp (le véritable moyen de communication du Mexique).


En marchant, j'entrevois à travers une fenêtre un magnifique vitrail. J'entre, et là je suis accueillie par un Hugo Medina qui m'explique que je suis au parlement de l'état de Tlaxcala.


Le vitrail est monumental. Il surplombe la cour centrale et relie le passé indigène de Tlaxcalla à l’institution politique actuelle. Il rend hommage aux quatre seigneuries fondatrices. L'oeuvre intègre aussi la cosmologie mésoaméricaine avec les quatre éléments: le feu, l'air, l'eau et la terre, tandis que le puissant soleil trône au centre.


J'ai même droit à un petit passe-droit et Hugo me fait visiter la salle du Parlement.



Dernière visite... les bureaux du gouvernement. Bon, dit comme ça, ça ne présente rien de bien intéressant sauf que, les fonctionnaires Mexicains ont une relation différente avec leur lieu de travail. C'est le Jour des Morts alors, on décore.



J'aurais bien aimé avoir accès à cette salle de pause...



À suivre… Oaxaca, prépare-toi.

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