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Mexico - Quand on ouvre son coeur

Il est facile d’avoir peur quand on voyage. Peur de la nourriture qui pique, peur des gens qui sourient trop (suspect, non ?), peur d’une manière de vivre qui ne ressemble en rien à nos habitudes bien rangées.


Mais quand on ouvre son esprit – et surtout son cœur –, tout bascule. Magie.


C’est grâce à cette ouverture que j’ai rencontré Elísabet. On s’était croisés une fois, deux fois, dans la rue. Et puis, en la revoyant, elle m’a demandé de surveiller son vélo pendant qu’elle faisait un achat. Moi, l’étrangère de passage, avec ma tête de touriste qui crie « je ne parle pas encore super bien espagnol ». Ensuite, elle m’a proposé d’échanger nos numéros « au cas où j’aurais besoin d’aide ». Sérieux ? On n’aurait jamais osé ça à la maison sans un contrat notarié et trois références.


Cette générosité a été le début de tout. Quelques messages plus tard, elle nous invite à dîner chez elle avec sa famille. Et voilà qu’on se retrouve accueillis par Elísabet et ses trois enfants – Emma, Milla et Salvatore, dit Chaba – dans leur maison. (Son mari travaillait ce soir-là, il a échappé à la folie des Québécois envahissants.)

Pensez-y : inviter chez soi des purs étrangers, sans CV ni casier judiciaire vérifié… Au Québec, on commencerait par un café timide sur Zoom. Mais Elísabet, elle, voit plus grand. Elle veut échanger nos cultures, nos histoires. Elle est fascinée par le Canada – son père a travaillé en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec pendant des années. Elle a même entendu parler de la poutine.

Pour nous recevoir « en grand », elle prépare un plat traditionnel du Yucatán qui demande des jours de préparation : la cochinita pibil. Porc mariné longuement dans des épices, puis cuit lentement sous terre ou dans un four pour les plus modernes.




Un délice qui fond en bouche et qui fait oublier tous les régimes du monde.

Et ce n’est pas tout : elle ajoute une entrée de pâtes (parce que l’Italie s’invite toujours) et un clericot, cette sangria mexicaine estivale faite de vin, fruits frais en cubes, jus de citron, eau gazeuse et miel. Rafraîchissant, léger, et parfait pour faire passer la chaleur… et la timidité. Heureusement, elle nous a épargné les gusanos de maguey – ces grosses larves blanches qui vivent dans l’agave et qu’on mange grillées ou frites comme une « délicatesse ». Excellente source de protéines, paraît-il. Moi, à 60 ans de culture québécoise bien ancrée (poutine, sirop d’érable, peur des insectes), j’aurais possiblement décliné. Très poliment. Genre : « Merci, mais je viens de devenir végétarienne pour la soirée. »


La soirée s’est terminée en beauté avec une démonstration de cohetes – ces pétards mexicains qui font un bruits d’enfer et qui, ici, ponctuent toutes les fêtes. Chez nous, on appellerait les pompiers. Ici, on danse.



Merci Elísabet, merci la famille. Merci le Mexique de nous rappeler qu'ouvrir son cœur (et son assiette), c’est la plus belle aventure qui soit.


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