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Mexique - L'Origine de la vie

Je continue ma découverte du Mexique et plus ça va, plus je me prend pour une mexicaine (mon espagnol progresse rapidement : je suis passé de « hola » à « ¡Buenos días, señorita! ¿Cómo va? » sans trop bégayer. En plus, je parcours les mercados comme une pro).


Bacalar, ma nouvelle destination , est le genre d’endroit paradisiaque avec lequel on crée les cartes postales. J'arrive, je vois l’eau qui passe du turquoise, à l'émeraude, au bleu profond de piscine de milliardaire, et je me dis : « OK, on a abusé de Photoshop. »



Tout ça grâce à un fond calcaire blanc qui reflète le soleil comme un miroir géant, et des profondeurs variables. Résultat : sept teintes différentes en une seule photo.


Cette merveille géologique, qui mesure 42 km, est alimentée par plusieurs cénotes (puits naturels d'eau douce) qui communiquent entre eux via le système de rivières souterraines le plus vaste au monde.


Donc, deux semaines après mon arrivée dans ce petit paradis tropical, je flanche et je me mets en mode touriste : tour en ponton sur la Lagune aux Sept Couleurs.

On démarre, et là, le capitaine attire notre attention sur quelque chose qui ressemble à des crottes de mammouth. Il commence à nous parler des stromatolithes. OUI, LES STROMATOLITHES. Pas des cailloux ordinaires, non : les ancêtres vivants de TOUTE la vie sur Terre.


3,5 milliards d’années. Plus vieux que les dinosaures, plus vieux que les Mayas, plus vieux que le gars qui m’a donné mon premier bec. Ces bibittes microscopiques – des cyanobactéries – ont littéralement inventé la photosynthèse et créé de l’oxygène pour qu’on puisse respirer aujourd’hui. Sans elles, on serait encore des bactéries en train de s'étouffer dans la soupe primitive.



Des roches vivantes qui travaillent depuis l’aube des temps ! » Moi, je regarde et je me dis : « Wô, ces minuscules bactéries travaillent depuis 3,5 milliards d’années pour oxygéner la planète, et moi j’ai de la difficulté à écrire deux posts par mois ? »

Juan "La Leyenda" (Jean le Légendaire), notre capitaine

Et le pire : elles sont FRAGILES. Si tu marches dessus, tu peux détruire l’héritage de la planète. Notre capitaine répète 10 fois : « No tocar, no pisar, no respirar demasiado fuerte ! » (Ne pas toucher, ne pas marcher, ne pas respirer trop fort… j’exagère à peine). Imagine : ces bactéries guerrières ont survécu aux météorites, aux glaciations, à l’extinction des dinosaures… et maintenant elles stressent à cause d'une immigrante québécoise.

Alors, je suis débarquée du ponton avec une révélation existentielle : si la vie a commencé comme ça – une couche de bactéries collantes qui piègent du calcaire pour survivre –, alors on est tous des stromatolithes 2.0. On s’accroche à nos sédiments (nos jobs, nos biens, nos drames, nos souvenirs), on produit un peu d’oxygène, et on espère laisser un héritage.


Bacalar, merci. J’ai nagé avec l’origine de la vie et maintenant je bois une Modelo Negra en me sentant minuscule. Qui veut venir voir ?


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